Représentations d’Atys en folie à Trappes : le rire libérateur

Jeudi 2 mars, 600 Trappistes ont applaudi la parodie de l’opéra Atys de Lully donnée à deux reprises à la Halle culturelle – La Merise de Trappes. Elèves et enseignants, membres d’associations, de l’Ecole de musique et de danse ou des centres sociaux de Trappes, ils ont été interpellés, séduits ou conquis par ce spectacle inclassable qui met à mal nos idées sur le divertissement d’autrefois, réputé guindé, ennuyant ou difficile d’accès.

Les jeunes en insertion professionnelle (Ecole de la 2e chance, Mission locale), les apprenants des ateliers socio-linguistiques de la Fedde Amadou Hampathé Bah, les élèves de l’Ecole de musique et de danse et six classes de collège de Trappes avaient reçu la visite des marionnettistes. Il fallait planter le décor de cet OVNI culturel : quel est le rôle et le fonctionnement d’une parodie ? pourquoi le personnage de la vieille déesse enamourée du jeune Polichinelle est-il interprété par un homme travesti en maquerelle ?

Interrogée par Aïsseta Baradji, stagiaire à l’E2C qui a découvert Atys en folie en avant-première lors de la création à Malte, Françoise Rubellin (conseillère théâtrale du spectacle et spécialiste du théâtre de la Foire) donne des clés de lecture avant le lever du rideau, encourageant le public à chanter les vaudevilles avec les musiciens pendant le spectacle, comme jadis.
Cette histoire de jardinier et de jeune paysanne promise à un homme qu’elle n’aime pas et qui subit les foudres de la vengeance divine parle à tout le monde. Faut-il obéir ou opposer sa volonté ? Préférer la richesse à l’amour ? Le personnage du bourru Polichinelle, transgressif, grivois et irrévérencieux, fait jubiler.
L’alliance de farce et de poésie, de sublime et de grotesque, le mélange de musique savante et populaire, de comique et de tragique, typiquement baroques, en désarçonnent plus d’un. La fin se joue des genres. A Polichinelle qui demande à être transformé en coq pour être de « même plumage » que sa mie changée en poule, la déesse outragée rétorque : « En coq ? Mais tu gagnerais au troc ! Que le fripon devienne… chapon ! »

Au cours du buffet qui suit la représentation (préparé par Aïcha Akafou de Trappes Mel’Assos), on échange ses impressions. « C’est osé quand même » s’exclame une dame mi-figue mi-raisin à qui n’a pas échappé la métaphore filée du jardin féminin à entretenir. « J’ai jamais vu un spectacle comme ça » dit un autre spectateur. « Un bijou ! » ajoute une autre, enchantée par tout ce qui réjouit l’œil et l’oreille : finesse du castelet et des marionnettes sculptés, jeu libre des instrumentistes, force comique des personnages, surprise et beauté des lumières et des effets spéciaux.

Photo Ville de Trappes-en-Yvelines/ Maeva Deloge Dagba
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